Écrit de Marie José sur la maladie de son père...

POÈME




L'OUBLI





Tourne, tourne, le temps, comme les aiguilles de la pendule.
Passent, passent les années, comme les saisons.
Tout s'envole, rien, rien ne reste !
Que sont devenus ceux que j'aime, que me reste -t-il ?
Je suis là assis sur ce banc, sans passé, sans avenir,
Tout dans ma tête tourne, tout s'en va.
Je regarde sans voir le chien qui joue,
je l'entends sans l'entendre, est-ce bien un chien ?
Je sens sur ma peau la chaleur du soleil.
J'ai peur, peur des gens qui me regardent en souriant,
Qui me parlent doucement, qui sont -ils ?
Pourquoi cette angoisse dans leurs voix ?
Pourquoi ces larmes dans leurs yeux ?
Ils parlent de choses que je ne comprends pas,
De gens que je connais pas, pourquoi ???
J'ai envie de crier, je n'ose point le faire,
pourquoi ces larmes dans leurs yeux ? Pourquoi ?
Pourquoi toutes ces questions ?
Je ne comprends pas.

Ils m'appellent papa,
Et cette femme qui dit qu'elle m'aime !
Pour elle, je serais son époux !
j'ai peur, si peur, ils me font voir des photos !
Tant de photos, dois-je leur mentir, je ne sais ?
Je ne me souviens de rien, rien, tout dans ma tête est vide,
Et ces tout petits qui m'appellent papy,
Je leur souris et eux me répondent avec de grands rires.
Je ne sais où je suis ?
Je les entends qui parlent à l'homme en blanc qu 'ils appellent docteur,
Mais je ne comprends pas !
L'homme en blanc dit que tout est fini !
Que la maladie va effacer ma mémoire !
Pour l'instant je me souviens du temps présent,
Alors je regarde ces enfants qui me sourient.
Et d'un seul geste de leur main ôtent de leurs yeux des larmes,
Je regarde cette femme et je me souviens,
Un si bref souvenir,
Si bref, que tout de suite, il se sauve.

Doucement ils viennent, et m'enlacent si fort, que j'ai envie de crier,
  Mais je ne dis rien, ils m'embrassent en me disant, papa nous t'aimons,
Reste avec nous !
Je les regarde partir, de leurs mains ils envoient des baisers.
La femme qui est avec eux en fait autant.
Des larmes coulent de mes yeux,
Et doucement sans qu'ils entendent, je leur dis adieu.
Demain, tout sera oublié, tout sera parti !
Je m'entends dire " adieu mes enfants,
  Adieu ma femme et pardon pour le mal que je vous fais !
Mais mon amour sera et restera à tout jamais pour vous".

La nuit est venue bien vite,
Je suis allongé sur mon lit,
Dans ma tête tout tourne.

Tourne, tourne, le temps comme les aiguilles de la pendule,
Passent, passent les années comme les saisons,
Tout s'envole, il ne reste plus rien !
Tourne, tourne le temps, passent, passent les années…

Marie José
25/09/2003


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