A mon avis, celui qui serait capable de suivre les recommandations des Vers d'or deviendrait vite un saint Homme !!! ...

PENSÉES



LES VERS D'OR


Honores en premier les Dieux immortels dans l'ordre qui leurs fut assigné par la loi,
Respectes le serment. Honores ensuite les héros glorifiés.
Vénères aussi les génies terrestres, en accomplissant tout ce qui est conformes aux lois.
Honores aussi ton père, ta mère et tes proches parents,
Entre les autres hommes, fais ton ami de celui qui excelle en vertu.
Cèdes toujours aux paroles de douceurs et aux activités salutaires.
N'en viens jamais, pour une faute légère, a haïr ton ami,
Quand tu le peux ! Car le possible habite auprès du nécessaire.
Saches que ses choses sont ainsi, et accoutumes-toi à dominer celles-ci:
La gourmandise d'abord, le sommeil, la luxure et l'emportement.
Ne commets jamais aucune action dont tu puisses avoir honte,
ni avec un autre,
Ni en ton particulier.
Et, plus que tout, respectes-toi toi-même ;
Pratique ensuite la justice en actes et en paroles.
Ne t'accoutumes point à te comporter dans la moindre des choses sans réfléchir,
Mais souviens-toi que tous les hommes sont destinés à mourir.
Et parviens à savoir tant acquérir que perdre les biens de la fortune.
A l'égard de tous les maux qu'ont à subir les hommes de par le fait des arrêts augustes du destin.
Acceptes-les comme le sort que tu mérites ;
supportes-les avec douceur et ne t'en fâches point.
Il te convient d'y remédier, dans la mesure que tu peux. Mais penses bien à ceci :
Que la destinée épargne aux gens de bien la plupart de ces maux.
Beaucoup de discours, lâches ou généreux, tombent devant les hommes :
Ne les accueilles pas avec admiration, ne te permets pas de t'en écarter.
Mais si tu vois qu'on dit quelque chose de faux, supportes-le avec patience et douceur.
Quand a ce que je vais te dire, observes-le en toute circonstance.
Que jamais personne, ni par ses paroles ni par ses actions, ne puisse jamais
T'induire à proférer ou à faire ce qui pour toi ne serait pas utile.
Réfléchis avant d'agir, afin de ne point faire des choses insensées.
Car c'est le propre d'un être malheureux de proférer ou de faire les choses insensées.
Ne fais donc jamais rien dont tu puisses avoir à t'affliger dans la suite.
N'entreprends jamais ce que tu ne connais pas ; mais apprends.
 Tout ce qu'il faut que tu saches, et tu passeras la vie la plus heureuse.
Il ne faut pas négliger la santé de ton corps,
 Mais avec mesure, lui accorder le boire, le manger, l'exercice,
et j'appelle mesure ce qui jamais ne saurait t'incommoder.
Habitues-toi à une existence propre, simple ;
Et gardes-toi de faire tout ce qui attire l'envie.
Ne fais pas de dépenses inutiles, comme ceux qui ignorent en quoi consiste le beau.
Ne soit pas avare non plus : la juste mesure est excellente en tout.
Ne prends jamais à tâche ce qui pourrait te nuire, et réfléchis avant d'agir.
Ne permets pas que le doux sommeil se glisse sous tes yeux,
Avant d'avoir examiné chacune des actions de la journée.
En quoi ai-je fauté ? Qu’ai-je fais ? Qu’ai-je omis de ce qu'il me fallait faire ?
Commences par la première à toutes les parcourir. Et ensuite,
Si tu trouves que tu as commis des fautes,
gourmandes-toi ; mais, si tu as bien agi, réjouis-toi.
Travailles à mettre ces préceptes en pratique,
médites-les ; il faut que tu les aimes,
Et ils te mettront sur les traces de la vertu divine.
J'en jure par celui qui transmit à notre âme le sacré quaternaire,
Source de la nature dont le cours est éternel.
Mais ne commences pas à prendre à tâche une œuvre
Sans demander aux Dieux de la parachever.
Quand tous ces préceptes te seront familiers,
Tu connaîtras la constitution des Dieux immortels et des hommes mortels, tu sauras,
Jusqu'à quel point les choses se séparent, et jusqu'à quel point elles se rassemblent.
Tu connaîtras aussi, dans la mesure de la justice,
que la nature est en tout semblable à elle-même,
De sorte que tu n'espèreras point l'innespérable,
et que plus rien ne te sera caché.
Tu sauras encore que les hommes choisissent eux-mêmes et librement leurs maux,
Misérables qu'ils sont : ils ne savent ni voir ni entendre les biens qui sont prés d'eux.
Peu nombreux sont ceux qui ont appris à se libérer de leurs maux.
Tel est le sort qui trouble les esprits des mortels. Comme des cylindres,
Ils roulent ça et là, accablés de maux infinis.
Innée en eux, en effet, l'affligeante discorde les accompagne et leur nuit sans qu'ils s'en aperçoivent ;
Il ne faut point la provoquer, mais la fuir en cédant.
O Zeus, notre père, tu délivrerais tous les hommes des maux nombreux qui les accablent si tu montrais à tous de quel génie ils se servent !
Mais toi, prends courage, puisque tu sais que la race des hommes est divine,
Et que la nature sacrée leurs révèle ouvertement toutes choses.
Si elle te les découvre, tu viendras à bout de tout ce que je t'ai prescrit ;
ayant guéri ton âme, tu la délivreras de ces maux.
Mais abstiens-toi des aliments dont nous avons parlé,
en appliquant ton jugement à tout ce qui peut servir à libérer ton âme.
Réfléchis sur chaque chose,
En prenant pour cocher l'excellente intelligence d'en haut.
Et si tu parviens, après avoir abandonné ton corps, dans le libre éther,
tu seras Dieu immortel, incorruptible, et à jamais affranchi de la mort...

PYTHAGORE

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